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L’Algérie mise sur l’agriculture saharienne pour sécuriser sa production céréalière

Par Jean Claude Convenant 3 min de lecture

Le sud algérien connaît une transformation agricole sans précédent. La campagne céréalière 2026 affiche des perspectives encourageantes avec une récolte estimée à plus de 4 millions de quintaux, en progression sensible par rapport aux 3 millions de l’année précédente. Cette dynamique résulte d’une stratégie gouvernementale volontariste visant à transformer le Sahara en région productrice majeure de céréales pour le continent.

Un investissement d’État sans précédent dans le sud

Le gouvernement algérien déploie des moyens considérables pour moderniser l’agriculture saharienne. Un programme national d’électrification des périmètres agricoles mobilise une enveloppe de 46,6 milliards de dinars algériens, touchant 15 wilayas du sud. Les réalisations concrètes incluent 900 kilomètres de réseau électrique et 400 kilomètres de pistes construits en 2025 et 2026, tandis que 3 122 kilomètres de lignes électriques supplémentaires sont programmés au bénéfice de 3 540 exploitants.

Les centres de collecte flambant neufs, neuf structures modernes livrées récemment, incarnent cette volonté de professionnaliser la filière. À Ouargla, 80 000 hectares supplémentaires entreront en production lors de la prochaine saison, prolongeant une expansion territoriale impressionnante.

Les wilayas sahariennes en première ligne

Plusieurs régions sortent de l’anonymat agricole. Timimoun affiche une augmentation de plus de 50 % de sa superficie cultivée par rapport à la saison antérieure. Ses 13 000 hectares emblavés doivent générer près de 700 000 quintaux, according aux services agricoles locaux.

Illizi, traditionnellement éloignée de la production céréalière nationale, émerge comme nouveau pôle productif. Le nombre d’investisseurs agricoles a doublé, passant de 11 en 2025 à plus de 22 cette année. Dans la commune de Bordj Omar Idriss, les pivots circulaires alignés à perte de vue symbolisent cette modernisation. Des entreprises comme AgroLina y déploient des équipements sophistiqués pour optimiser les rendements en environnement aride.

Adrar et Ouargla accélèrent également leur développement agricole, intégrant progressivement les meilleures pratiques et technologies d’irrigation adaptées au contexte climatique saharien.

Enjeux pour la France et le Maghreb

Cette transformation revêt une importance stratégique régionale. Pour l’Algérie, elle répond à un objectif de réduction de la dépendance alimentaire et de maîtrise de la facture d’importation céréalière. Le Maghreb, comme ensemble, pourrait bénéficier d’une meilleure stabilité des prix régionaux et d’une sécurité alimentaire renforcée.

Pour la France, ces développements agricoles ouvrent des perspectives commerciales en équipements agricoles, technologies d’irrigation et expertise agronomique. Les échanges France-Algérie dans ce secteur pourraient s’intensifier, notamment dans le domaine de la mécanisation agricole et des solutions d’efficacité hydrique.

Au-delà des frontières nord-africaines, cette expansion illustre comment les pays arides innovent pour valoriser leurs terres marginales. C’est un enjeu d’adaptation climatique et de résilience alimentaire croissant pour toute la région méditerranéenne.

Points clés

  • Récolte 2026 estimée à 4+ millions de quintaux, progression de 33 % par rapport à 2025
  • Programme d’électrification doté de 46,6 milliards DA couvrant 15 wilayas du sud
  • 900 km de réseau électrique et 400 km de pistes réalisés en 2025-2026
  • 80 000 hectares supplémentaires en production à Ouargla
  • Timimoun augmente sa superficie de 50 %, projetant 700 000 quintaux
  • Illizi double ses investisseurs agricoles (11 à 22)
  • 9 centres de collecte modernes livrés pour structurer la filière
  • Enjeu régional de sécurité alimentaire et réduction de la dépendance aux importations
Jean Claude Convenant