La saison estivale engendre traditionnellement des mouvements importants sur les marchés de change en Algérie. Depuis mi-juin, les cours de l’euro et du dollar américain affichent une tendance haussière, portée par l’augmentation des demandes de devises liée aux départs en vacances à l’étranger.
Contexte : un marché des devises sous tension saisonnière
Le marché informel des devises en Algérie réagit fortement aux cycles saisonniers. Avec le départ massif des touristes algériens vers l’Europe et d’autres destinations pendant l’été, la pression acheteuse sur les devises étrangères s’intensifie. Ce phénomène crée une dynamique haussière sur les taux de change parallèles, notamment au célèbre Square Port-Saïd d’Alger, qui demeure le centre névralgique du commerce des devises dans le pays.
Après plusieurs semaines de stabilisation sous la barre symbolique des 280 dinars par euro, la monnaie unique européenne amorce un redressement progressif depuis le début juin. Le dollar américain suit une trajectoire similaire, avec des gains modérés mais réguliers en l’espace de quelques jours.
Analyse : les facteurs d’une reprise progressive
Entre le 4 et le 18 juin, l’euro a progressé de 1,50 dinar sur le marché informel, passant de 277,50 à 278 dinars. Cette hausse reste mesurée, reflétant une demande soutenue mais pas encore exubérante. Le dollar, lui, a gagné environ 1 dinar sur la même période, s’établissant à 237,50 dinars après avoir été coté à 236,50 dinars.
Ces mouvements coïncident précisément avec la fin des examens du baccalauréat, marquant traditionnellement le début de la ruée vers les destinations touristiques. Les cambistes et observateurs du marché anticipent une accélération de cette tendance haussière au fur et à mesure de l’avancée dans la saison estivale. La demande supplémentaire générée par les voyageurs algériens exerce une pression mécanique à la hausse sur les cours.
À la Banque d’Algérie, qui fixe les taux officiels, l’euro recule légèrement à 153,55 dinars à la vente (contre 154,70 dinars début juin), tandis que le dollar demeure quasi stable à 133,35 dinars. Cet écart entre le taux officiel et les cours du marché parallèle perdure, reflet des déséquilibres persistants sur le marché des changes algérien.
Impact sur le contexte France-Maghreb
Pour les ressortissants maghrébins résidant en France, cette appréciation du dollar et de l’euro représente un coût additionnel lors de rapatriements de fonds vers la région. Les familles algériennes recevant des transferts d’argent de proches basés en Europe constateront une légère réduction du pouvoir d’achat de ces envois. À l’inverse, les Maghrébins en transit vers l’Europe pour les vacances doivent anticiper des achats de devises à des taux moins avantageux qu’ils ne l’auraient été en période creuse.
En Tunisie et au Maroc, les dynamiques restent similaires : la saisonnalité touristique entraîne mécaniquement des tensions sur les devises, créant des arbitrages entre taux officiels et taux parallèles. Cette situation illustre les fragilités communes des économies nord-africaines face aux mouvements de capitaux et à la fluidité limitée des devises fortes.
Points clés à retenir
- L’euro progresse vers 278 dinars algériens, restant sous la résistance psychologique des 280 dinars
- Le dollar américain gagne environ 1 dinar en deux semaines, atteignant 237,50 dinars
- La Banque d’Algérie cote l’euro à 153,55 dinars (taux officiel) contre 278 dinars au marché parallèle
- Les vacances d’été catalysent la demande de devises et alimentent la pression haussière
- Le marché informel d’Alger concentre la majorité des transactions de change
- L’écart entre taux officiels et parallèles persiste, reflétant une demande structurelle insatisfaite
- Les mouvements saisonniers devraient s’amplifier au cours de l’été