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Biens mal acquis : l’Algérie multiplie les demandes de restitution auprès de la justice française

Par Jean Claude Convenant 5 min de lecture

La coopération judiciaire franco-algérienne autour des avoirs mal acquis franchit un nouveau cap. À l’occasion d’une visite officielle à Alger, le ministre français de la Justice a levé le voile sur l’ampleur des demandes formulées par Alger pour récupérer des fonds et biens confisqués à d’anciens responsables corrompus. Un dossier au cœur des relations bilatérales entre les deux pays, et qui illustre les défis complexes de la lutte internationale contre la corruption.

Contexte et enjeux d’une coopération judiciaire sous tension

Depuis plusieurs années, l’Algérie s’est engagée dans une vaste campagne de récupération des avoirs publics détournés à l’étranger, notamment dans le sillage du mouvement populaire de 2019 et des poursuites judiciaires engagées contre d’anciens cercles du pouvoir. La France, destination privilégiée de nombreux capitaux, se retrouve en première ligne de ces demandes d’entraide judiciaire.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte diplomatique délicat entre Paris et Alger, marqué par des tensions récurrentes et une relation historique complexe. La question des biens mal acquis constitue désormais l’un des marqueurs concrets de la volonté — ou de la réticence — des deux États à normaliser leurs rapports institutionnels.

Analyse détaillée : plus de cent demandes, une réunion prévue à Paris

C’est Gérald Darmanin, ministre français de la Justice, qui a communiqué le chiffre lors de sa visite à Alger le 18 mai, après avoir été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune. Selon ses déclarations, l’Algérie a transmis à la France plus d’une centaine de demandes visant à obtenir la saisie et la confiscation de biens appartenant à d’anciens responsables algériens.

Darmanin a précisé avoir tenu des discussions approfondies avec son homologue algérien, Lotfi Boudjemâa, sur ce dossier. Il a également mentionné l’implication du Parquet national financier (PNF) français, qui a travaillé, selon lui, « en toute indépendance » avec ses interlocuteurs algériens. Une réunion de travail entre les autorités judiciaires des deux pays est prévue à Paris pour le début du mois de juin, afin d’« approfondir ces dossiers de saisies et de confiscations ».

Cette annonce intervient dans un contexte de frustration algérienne bien documentée. Le 6 avril dernier, le président Tebboune avait publiquement remercié la Suisse et l’Espagne pour leur coopération dans la restitution d’avoirs, tout en soulignant que 61 commissions rogatoires adressées à la France étaient restées sans réponse. Ce chiffre, révélé dans un communiqué de la présidence algérienne, illustre l’écart entre les intentions affichées et les résultats concrets.

L’affaire la plus emblématique reste celle d’Abdeslam Bouchouareb, ancien ministre algérien de l’Industrie, dont la France a refusé l’extradition malgré les demandes répétées d’Alger. Ce cas symbolise les limites juridiques et politiques d’une coopération qui peine à se traduire en actes.

Impact pour les lecteurs en France et au Maghreb

Pour la diaspora algérienne en France, ce dossier résonne particulièrement : il touche à la question de la justice, de la souveraineté économique et de la crédibilité des institutions. La récupération d’avoirs publics détournés représente, dans l’opinion algérienne, un enjeu de réparation nationale autant que financière.

Pour les observateurs économiques du Maghreb, cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large : plusieurs pays de la région — Tunisie, Maroc, Libye — ont également engagé des procédures similaires auprès de juridictions européennes et suisses. La capacité des États à rapatrier ces fonds dépend largement de la qualité des dispositifs juridiques bilatéraux et de la volonté politique des pays d’accueil.

En France, ce dossier soulève aussi des questions sur le rôle de la justice nationale face aux demandes étrangères, notamment lorsqu’elles concernent des ressortissants résidant sur le territoire français.

Ce qu’il faut retenir

  • L’Algérie a soumis plus d’une centaine de demandes officielles à la France pour la restitution de biens issus de la corruption d’anciens responsables.
  • 61 commissions rogatoires algériennes adressées à la France sont restées sans réponse, selon la présidence algérienne.
  • Une réunion de travail entre les autorités judiciaires des deux pays est prévue à Paris début juin pour tenter de débloquer plusieurs dossiers.
  • L’affaire Bouchouareb, ancien ministre dont la France a refusé l’extradition, reste le symbole des blocages persistants.
  • La Suisse et l’Espagne ont été saluées par Alger pour leur coopération, contrastant avec les difficultés rencontrées côté français.

Cet article est fourni a titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations presentees ne tiennent pas compte de votre situation personnelle. Tout investissement comporte des risques, y compris la perte du capital investi. LittleCreek ne percoit aucune remuneration de la part des entites mentionnees dans ses articles.

Jean Claude Convenant