Aller au contenu
Actu
Marché crypto : fermeture de Ventuals, débâcle réglementaire de Binance en EuropeStablecoins au Nigeria : le FMI tire la sonnette d’alarme sur les risques d’une monnaie numérique parallèleL’Europe face au défi de son autonomie numérique : la bataille des intelligences artificiellesLe dollar en force, le yen en crise : la bataille des devises s’intensifieFermeture du détroit d’Ormuz : quels effets pour l’économie mondiale et les marchés financiers ?Marché crypto : fermeture de Ventuals, débâcle réglementaire de Binance en EuropeStablecoins au Nigeria : le FMI tire la sonnette d’alarme sur les risques d’une monnaie numérique parallèleL’Europe face au défi de son autonomie numérique : la bataille des intelligences artificiellesLe dollar en force, le yen en crise : la bataille des devises s’intensifieFermeture du détroit d’Ormuz : quels effets pour l’économie mondiale et les marchés financiers ?
Marché Maghreb

La diaspora algérienne s’organise : un potentiel économique et scientifique sous-exploité

Par Jean Claude Convenant 4 min de lecture

La diaspora algérienne dispose d’un potentiel considérable qui commence seulement à se structurer. C’est le constat dressé par Mohand Sidi Saïd, figure emblématique des élites algériennes établies à l’étranger, lors d’une récente intervention à Paris. Ancien cadre dirigeant du secteur pharmaceutique international, il plaide pour une mobilisation concertée des talents expatriés au service du développement national.

Un capital humain longtemps fragmente

Pendant décennies, la diaspora algérienne s’est construite de manière dispersée. Chercheurs, ingénieurs, médecins et entrepreneurs établis en Europe, en Amérique du Nord ou ailleurs n’avaient pas toujours de cadre structuré pour collaborer ou contribuer collectivement aux enjeux de leur pays d’origine. Cette situation contraste avec d’autres diasporas bien organisées, notamment la diaspora indienne ou chinoise, qui ont su transformer leur dispersion en réseau de influence économique et technologique.

Aujourd’hui, cette fragmentation tend à diminuer. Des initiatives comme le Conseil mondial de la diaspora algérienne marquent une volonté d’institutionnaliser les liens entre les compétences expatriées. Cette structuration intervient à un moment où l’Algérie intensifie ses appels aux ressources humaines établies hors de ses frontières, reconnaissant l’importance stratégique de cette dimension.

Des competences rarement mobilisees collectivement

Le véritable enjeu réside dans la capacité à transformer ce potentiel en actions concrètes. Les Algériens établis à l’étranger maîtrisent des domaines stratégiques : technologie, santé, énergie, finance, recherche et développement. Or, cette expertise demeure fragmentée et rarement canalisée vers des projets d’envergure bénéficiant au pays.

Selon les analyses disponibles, plusieurs obstacles entravent cette mobilisation. D’abord, le manque de lisibilité sur les opportunités réelles d’investissement ou de contribution en Algérie. Ensuite, les difficultés administratives et juridiques. Enfin, l’absence de garanties suffisantes concernant la pérennité des engagements politiques en faveur des investisseurs ou contributeurs issus de la diaspora.

Pourtant, les exemples réussis existent : chercheurs ayant participé à des projets de recherche, médecins ayant formé des confrères locaux, ou entrepreneurs ayant établi des partenariats transnationaux. Ces cas isolés illustrent ce qui pourrait être généralisé avec une volonté politique plus affirmée.

Impacts potentiels pour la France et le Maghreb

Pour la France, où réside la plus grande communauté algérienne de la diaspora, cette dynamique revêt une dimension particulière. Une meilleure organisation de la diaspora algérienne pourrait favoriser des transferts technologiques, des partenariats académiques France-Algérie-Maghreb, et renforcer les liens économiques trilatéraux. Les écoles d’ingénieurs et universités françaises pourraient davantage s’engager dans des collaborations structurées avec le Maghreb via ces réseaux.

Pour le Maghreb dans son ensemble, l’enjeu est plus large. Une diaspora algérienne mobilisée servirait d’exemple et de catalyseur pour les diasporas marocaine et tunisienne. Cela pourrait ouvrir des perspectives de coopération régionale inédite, notamment sur les technologies vertes, la santé et la transition numérique—autant de domaines où le Maghreb accuse un retard mais dispose de talents expatriés reconnus internationalement.

Il faut également noter que cette structuration pourrait réduire les risques de fuite des cerveaux en offrant des opportunités de contribution hybride : rester établi à l’étranger tout en participant activement au développement du pays d’origine.

Points cles a retenir

  • La diaspora algérienne commence à se structurer institutionnellement après décennies de fragmentation
  • Les compétences expatriées (recherche, technologie, santé, finance) restent largement sous-mobilisees collectivement
  • Les obstacles administratifs et le manque de garanties ralentissent l’engagement des talents à distance
  • Pour la France et le Maghreb, une diaspora organisee peut catalyser des partenariats economiques et technologiques innovants
  • La mobilisation concertee des elites expatriees pourrait devenir un modele pour d’autres regions en developpement
  • Des exemples de reussite existent mais demeurent trop isoles pour transformer l’ecosysteme en profondeur
Jean Claude Convenant