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Ordinateurs quantiques et cryptomonnaies : pourquoi Bitcoin serait plus vulnérable qu’Ethereum selon Citi

Par Jean Claude Convenant 5 min de lecture

L’informatique quantique n’est plus une menace lointaine et théorique : elle s’invite désormais dans les analyses des grandes banques mondiales. Dans une récente note de recherche, les experts de Citi ont mis en lumière une disparité importante entre les deux principales cryptomonnaies du marché face à ce risque technologique. Leur conclusion est sans équivoque : Bitcoin serait davantage exposé qu’Ethereum à une éventuelle attaque quantique. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement, et pourquoi cette distinction importe-t-elle ?

Comprendre la menace quantique appliquée aux cryptomonnaies

Pour saisir l’enjeu, il faut d’abord comprendre comment fonctionne la sécurité des réseaux blockchain. Lorsqu’un utilisateur initie une transaction, sa clé publique est temporairement exposée sur le réseau, le temps que la transaction soit validée et intégrée dans un bloc. C’est précisément durant cette fenêtre de vulnérabilité qu’un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait, en théorie, remonter jusqu’à la clé privée correspondante — celle qui donne accès aux fonds — et ainsi détourner la transaction.

Google a estimé qu’une machine d’environ 500 000 qubits serait nécessaire pour briser cette cryptographie en quelques minutes. Une telle machine n’existe pas encore à ce jour, mais les projections sur l’arrivée du fameux « Q-Day » — le moment où un ordinateur quantique deviendra capable de casser les algorithmes cryptographiques actuels — se font de plus en plus précises et de plus en plus proches dans le temps.

Bitcoin et Ethereum face au risque : une exposition inégale

Selon l’analyse de Citi, une part significative des bitcoins en circulation — estimée autour de 25 % du stock total — serait particulièrement exposée. Il s’agit notamment des fonds stockés dans des adresses dites « réutilisées », dont les clés publiques sont déjà connues du réseau et donc potentiellement accessibles à une future machine quantique.

Mais au-delà du stock de fonds exposés, c’est surtout la capacité d’adaptation des deux réseaux qui différencie Bitcoin et Ethereum aux yeux des analystes. Bitcoin, réputé pour son modèle de gouvernance très conservateur, évolue lentement. Toute modification du protocole nécessite un consensus large et difficile à atteindre au sein de sa communauté de développeurs et de mineurs. Cette stabilité, souvent présentée comme une force, devient ici une faiblesse potentielle face à une menace qui, elle, évolue rapidement.

Ethereum, à l’inverse, a démontré à plusieurs reprises sa capacité à intégrer des mises à jour majeures dans des délais relativement courts. Sa gouvernance plus souple et sa culture du changement — illustrée notamment par la transition vers un mécanisme de validation différent ces dernières années — lui permettrait de déployer plus rapidement des solutions cryptographiques résistantes aux attaques quantiques, souvent appelées solutions « post-quantiques ».

Ce que cela implique pour les épargnants et investisseurs francophones

Pour les lecteurs en France et au Maghreb qui suivent de près l’actualité des actifs numériques, cette analyse mérite attention, même si le Q-Day reste encore à une distance incertaine. Plusieurs éléments sont à garder en tête :

D’abord, cette évaluation de Citi ne signifie pas qu’Ethereum est totalement à l’abri. La banque elle-même précise que la sécurité totale n’est pas encore garantie pour aucun des deux réseaux. Il s’agit d’une question de degré d’exposition et de capacité de réaction, non d’une immunité absolue.

Ensuite, dans des pays où la cryptomonnaie joue parfois un rôle de réserve de valeur alternative face à des monnaies locales sous pression — c’est souvent le cas au Maghreb — la robustesse technologique à long terme d’un réseau devient un critère de confiance fondamental, au même titre que la liquidité ou la décentralisation.

Enfin, l’émergence de cette thématique dans les rapports des grandes banques comme Citi signale que le sujet sort du cadre purement académique pour entrer dans les évaluations de risque institutionnel. C’est un signal fort quant à la maturité du secteur des actifs numériques.

Ce qu’il faut retenir

  • La menace quantique est réelle mais pas encore imminente : aucun ordinateur quantique n’est aujourd’hui capable de briser la cryptographie des blockchains, mais les échéances se rapprochent selon les experts.
  • Bitcoin est jugé plus vulnérable en raison de son modèle de gouvernance conservateur, qui ralentit l’adoption de correctifs cryptographiques.
  • Environ 25 % des bitcoins en circulation seraient particulièrement exposés, notamment ceux dans des adresses dont les clés publiques sont déjà connues.
  • Ethereum bénéficie d’une gouvernance plus agile, lui permettant en théorie d’intégrer plus rapidement des solutions de cryptographie post-quantique.
  • Aucun réseau n’est totalement sécurisé à ce stade : la vigilance des développeurs des deux écosystèmes reste essentielle pour anticiper cette évolution technologique.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations présentées ne tiennent pas compte de votre situation personnelle. Tout investissement comporte des risques, y compris la perte du capital investi. LittleCreek ne perçoit aucune rémunération de la part des entités mentionnées dans ses articles.

Jean Claude Convenant