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Qivalis : le stablecoin européen adossé à l’euro rassemble 37 banques pour défier la domination du dollar

Par Jean Claude Convenant 4 min de lecture

Un nouvel acteur financier émerge en Europe. Le projet Qivalis, initié par un consortium de grandes institutions bancaires européennes, franchit une étape majeure en annonçant l’adhésion de 25 nouveaux établissements. Le nombre total de banques engagées atteint désormais 37 institutions réparties dans 15 pays européens. Cette expansion reflète un consensus croissant parmi les acteurs financiers continentaux : créer une alternative monétaire numérique en euros face à la prédominance des stablecoins libellés en dollars américains.

Le contexte européen d’une monnaie numérique bancaire

Depuis plusieurs années, les autorités régulatorires et les institutions financières européennes observent avec préoccupation la domination des stablecoins américains sur les marchés de la cryptomonnaie. Des actifs comme l’USDT et l’USDC concentrent une liquidité massale et accélèrent l’adoption de solutions numériques. En parallèle, la régulation s’affermit avec l’entrée en vigueur progressive du règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), qui encadre strictement l’émission et la circulation des actifs cryptographiques en Union européenne.

C’est dans cet environnement que le projet Qivalis trouve son sens stratégique. Les banques fondatrices—ING, CaixaBank, UniCredit, BNP Paribas, BBVA et d’autres—ont envisagé dès le départ une solution conforme aux nouvelles normes européennes. Cette approche contraste avec les stablecoins existants, souvent émis sans cadre légal clair et dépendants de juridictions extra-européennes.

Analyse : une coalition bancaire inédite

L’adhésion de 25 nouveaux partenaires marque un tournant qualitatif pour le projet. Parmi les nouveaux venus figurent des géants régionaux comme ABN AMRO, Rabobank, Intesa Sanpaolo, et Nordea. Pour la France, l’arrivée du Crédit Mutuel et du Groupe BPCE aux côtés de BNP Paribas renforce la représentativité du projet. Cette diversité géographique et institutionnelle confère une légitimité accrue au consortium.

La couverture de 15 pays européens suggère une volonté d’interopérabilité transfrontalière. Contrairement à une initiative isolée d’une ou deux banques, Qivalis bénéficie d’une infrastructure distribuée capable de supporter les flux transnationaux typiques du marché unique européen. Le calendrier annoncé—lancement commercial fin 2026—demeure ambitieux mais réaliste pour un projet soutenu par des entités disposant d’expertise légale, technologique et opérationnelle.

Implications pour la France et le Maghreb

Pour la France, cette initiative représente une opportunité de renforcer l’autonomie financière numérique du continent. Les trois banques françaises du consortium occupent des positions stratégiques dans l’écosystème bancaire national et international. Un stablecoin en euros pourrait simplifier les paiements transfrontaliers B2B, réduire les frais de change, et offrir une alternative aux entreprises et aux investisseurs fuyant les risques de sanctions ou de volatilité des actifs numériques non-régulés.

Pour les pays du Maghreb—Maroc, Algérie, Tunisie—les enjeux diffèrent. Ces économies entretiennent des liens commerciaux étroits avec l’Europe, notamment la France et l’Espagne. Un stablecoin européen en euros augmenterait la fluidité des remises et des paiements commerciaux transméditerranéens. Cependant, l’adoption dépendra de la régulation locale et de l’accès technique des utilisateurs. Les banques centrales maghrébines, particulièrement attentives à la souveraineté monétaire, surveilleront de près l’usage transfrontalier de cet actif numérique.

Points clés

  • Expansion du consortium : De 12 banques fondatrices à 37 établissements en moins de 12 mois, couvrant 15 pays européens.
  • Conformité régulatoire : Qivalis s’inscrit explicitement dans le cadre MiCA, garantissant une légitimité légale avant le lancement.
  • Lancement prévu : Fin 2026, avec les premières transactions commerciales potentielles début 2027.
  • Objectif concurrentiel : Positionner un stablecoin en euros pour rivaliser avec les dominants stablecoins en dollars (USDT, USDC).
  • Implication géographique : Représentation française renforcée (BNP Paribas, Crédit Mutuel, BPCE), ouvrant des perspectives pour le Maghreb à moyen terme.
  • Infrastructure décentralisée : La diversité bancaire garantit une stabilité opérationnelle et une résilience accrue face aux défaillances isolées.
Jean Claude Convenant