Aller au contenu
Actu
Retour des capitaux vers les actifs risqués : Bitcoin et indices boursiers en rebondLe Bitcoin a-t-il vraiment trouvé son plancher ? L’analyse du patron de CoinbasePlacer ses liquidités en 2026 : comment maximiser la rémunération de ses réservesRéouverture du détroit d’Ormuz : les armateurs mondiaux restent prudents malgré l’accordCrypto en Europe : le régulateur grec s’apprête à rejeter l’agrément MiCA de BinanceRetour des capitaux vers les actifs risqués : Bitcoin et indices boursiers en rebondLe Bitcoin a-t-il vraiment trouvé son plancher ? L’analyse du patron de CoinbasePlacer ses liquidités en 2026 : comment maximiser la rémunération de ses réservesRéouverture du détroit d’Ormuz : les armateurs mondiaux restent prudents malgré l’accordCrypto en Europe : le régulateur grec s’apprête à rejeter l’agrément MiCA de Binance
Marché Maghreb

Le Sahara algérien peut alimenter l’Europe en électricité verte : Bruxelles relance T-MED

Par Jean Claude Convenant 4 min de lecture

Quinze ans après l’échec du projet Desertec, l’Union européenne revient à la charge pour exploiter le potentiel solaire du Sahara algérien et de la rive sud méditerranéenne. Cette fois, le projet affiche un sérieux politique affirmé et promet des bénéfices mutuels aux pays partenaires.

La Commission européenne vient de lancer T-MED (Coopération Transméditerranéenne pour les Énergies Renouvelables), une initiative ambitieuse s’inscrivant dans le Pacte pour la Méditerranée adopté à Barcelone en novembre 2025. Contrairement aux tentatives précédentes, ce programme repose sur une logique de développement énergétique régional plutôt que de simple interconnexion.

Un investissement massif pour transformer la région

La Commission européenne envisage de mobiliser jusqu’à 25 milliards d’euros d’ici 2035 pour les énergies renouvelables en Méditerranée. Cependant, les besoins réels sont bien plus importants : entre 75 et 120 milliards d’euros seront nécessaires pour concrétiser pleinement cette ambition.

Cette annonce a été faite lors de la Semaine européenne de l’énergie durable en juin. Dubravka Suica, commissaire européenne à la Méditerranée, a précisé les objectifs : transformer la rive sud en « hub mondial des énergies propres », créer plus de 100 000 emplois et établir au minimum dix partenariats industriels euro-méditerranéens avant 2030.

Le calendrier de mise en œuvre est précis. Un appel aux investisseurs privés a été lancé jusqu’au 15 juin, suivi d’un appel aux porteurs de projets jusqu’au 15 août. La première réunion de la plateforme d’investissement est programmée pour octobre 2026.

Pourquoi l’Algérie et le Maghreb représentent une aubaine énergétique

Les pays du sud de la Méditerranée disposent d’atouts naturels considérables : un ensoleillement exceptionnel, des vents puissants et surtout des coûts de production 30 à 40 % inférieurs à ceux de l’Europe. La région Moyen-Orient-Afrique du Nord combine une capacité technique estimée à plus de 2 300 GW, soit plus du double de la capacité énergétique actuellement installée dans l’Union européenne.

À titre d’exemple, une portion seulement du territoire algérien suffirait théoriquement à couvrir l’ensemble des besoins énergétiques de l’Europe. Cette réalité géographique explique l’insistance de Bruxelles à relancer la coopération après l’débâcle de Desertec.

Le Sahara, avec ses 2 millions de kilomètres carrés, concentre certains des meilleurs gisements solaires de la planète. Les conditions climatiques et géologiques en font un espace privilégié pour le développement d’infrastructures renouvelables modernes et compétitives.

Les enjeux pour la France, le Maghreb et la stabilité régionale

Pour la France, cette initiative représente une opportunité stratégique : sécuriser ses approvisionnements énergétiques tout en réduisant sa dépendance aux hydrocarbures russes ou du Moyen-Orient. La Méditerranée devient un axe géopolitique clé où l’énergie verte peut renforcer les partenariats.

Pour les pays du Maghreb, en particulier l’Algérie, Tunisie et Maroc, T-MED offre la perspective de développer une économie verte créatrice d’emplois locaux et durables. Les transferts technologiques et les investissements étrangers pourraient accélérer leur transition énergétique interne tout en générant des revenus d’exportation.

Sur le plan géopolitique, cette coopération renforcée pourrait stabiliser la région en créant des intérêts économiques communs entre l’Europe et les pays méditerranéens. Les partenariats industriels supposent une sécurité politique minimale et des cadres juridiques clairs.

Les points clés à retenir

  • T-MED vise à mobiliser 25 milliards € (objectif intermédiaire) pour un besoin réel de 75-120 milliards €
  • L’Algérie et le Maghreb disposent d’une capacité technique solaire/éolienne supérieure à 2 300 GW
  • Les coûts de production y sont 30-40 % moins élevés qu’en Europe
  • Création attendue de plus de 100 000 emplois d’ici 2035
  • Objectif : dix partenariats industriels euro-méditerranéens avant 2030
  • Différence majeure avec Desertec : approche de co-développement, pas seulement d’importation d’électricité
  • Calendrier strict : appels aux investisseurs et porteurs de projets en 2026
  • Enjeu stratégique français : indépendance énergétique et sécurité d’approvisionnement
Jean Claude Convenant