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Crypto en Europe : le régulateur grec s’apprête à rejeter l’agrément MiCA de Binance

Par Jean Claude Convenant 3 min de lecture

La plateforme d’échange Binance, leader mondial du secteur, fait face à un tournant décisif en Europe. Selon deux sources proches du dossier contactées par Reuters, sa demande d’agrément MiCA auprès du régulateur grec serait sur le point d’être rejetée. Cette décision, qui pourrait intervenir d’ici quelques semaines, marquerait un coup d’arrêt majeur pour l’accès de la plateforme aux clients de l’Union européenne.

Le cadre réglementaire européen MiCA en question

MiCA (Markets in Crypto-Assets) représente le cadre réglementaire européen destiné à encadrer les activités liées aux crypto-actifs. Ce règlement impose à tous les prestataires de services crypto d’obtenir une licence d’ici fin juin pour continuer à opérer dans l’UE. Binance avait déposé sa demande en janvier dernier auprès de la Commission grecque des marchés de capitaux (HCMC), par l’intermédiaire de sa filiale locale Binary Greece. Le système fonctionne selon un modèle de passeport : une licence obtenue dans un État membre autorise automatiquement l’entreprise à servir tous les clients des 27 pays de l’Union.

Les enjeux stratégiques pour le secteur crypto

Le rejet potentiel de Binance illustre le durcissement des conditions réglementaires en Europe. L’Union européenne a adopté une approche stricte concernant la régulation des crypto-actifs, cherchant à protéger les consommateurs et à lutter contre le blanchiment de capitaux. Les autorités grecques semblent appliquer cette politique avec rigueur, même envers les plus grandes plateformes du secteur. Cette situation reflète aussi une tension plus large : les régulateurs européens multiplient les exigences de conformité, tandis que les géants crypto rechignent à accepter certaines contraintes opérationnelles ou de transparence.

Conséquences pour les utilisateurs français et maghrébins

En France, des centaines de milliers d’utilisateurs utilisent Binance pour accéder aux marchés crypto. Un rejet de l’agrément MiCA forcerait la plateforme à cesser ses services auprès de la clientèle européenne, obligeant les utilisateurs français à migrer vers d’autres plateformes disposant d’agréments valides. Cette situation crée une fragmentation du marché crypto européen et renforce la position des plateformes déjà régulées ou en cours de régularisation. Au Maghreb, où Binance domine également le marché, les conséquences seraient indirectes mais significatives : certains utilisateurs algériens, marocains ou tunisiens ayant des comptes bancaires français pourraient être affectés, tandis que la plateforme devra adapter ses stratégies commerciales selon les juridictions. Cette évolution montre aussi que les régulateurs africains devront se positionner face aux standards européens de plus en plus stricts.

Points clés à retenir

  • La demande d’agrément MiCA de Binance, déposée en Grèce en janvier, serait sur le point d’être rejetée selon Reuters
  • Sans licence MiCA, Binance ne pourrait plus opérer légalement pour les clients de l’Union européenne à partir de juillet
  • Le délai limite pour obtenir un agrément MiCA s’expire fin juin 2026 pour tous les prestataires crypto
  • Le système fonctionne en « passeport » : une licence dans un pays UE autorise l’accès à tous les États membres
  • Le rejet refléte le durcissement progressif de la régulation crypto en Europe
  • Les utilisateurs français et européens pourraient être contraints de migrer vers des alternatives régulées
  • Cette tension illustre le conflit croissant entre les exigences réglementaires strictes et la volonté des géants crypto de maintenir leur flexibilité opérationnelle
Jean Claude Convenant