À l’heure où l’incertitude économique mondiale pèse sur le moral des chefs d’entreprises aux quatre coins du globe, les dirigeants algériens affichent un optimisme qui tranche nettement avec la tendance générale. C’est le constat frappant que livre la deuxième édition de la CEO Survey 2026, publiée par le cabinet PwC. Comment expliquer un tel écart entre la perception locale et le sentiment mondial, et que nous dit-il réellement sur la dynamique économique algérienne ?
Contexte et enjeux : une enquête mondiale, un éclairage local
La CEO Survey est une étude annuelle conduite par PwC, l’un des plus importants réseaux mondiaux d’audit et d’expertise comptable. Dans son édition 2026, le cabinet a interrogé près de 4 500 dirigeants répartis dans 150 pays, offrant ainsi un baromètre particulièrement représentatif du moral des décideurs économiques à l’échelle internationale.
Pour l’Algérie, cette deuxième édition nationale s’est tenue le 28 avril dernier au Centre International de Conférences (CIC) d’Alger. Le profil des répondants algériens est révélateur : 29 % d’entre eux dirigent des entreprises réalisant plus de 100 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel, et 58 % emploient plus de 500 collaborateurs. Il s’agit donc d’un panel composé majoritairement de grandes et moyennes structures, dont la lecture du contexte économique mérite une attention particulière.
Analyse détaillée : des chiffres qui placent l’Algérie hors norme
L’indicateur le plus saillant de cette édition est sans conteste le niveau d’anticipation de croissance économique. Pas moins de 83 % des dirigeants algériens sondés s’attendent à une expansion de l’économie dans les douze prochains mois. À titre de comparaison, cette proportion tombe à 61 % à l’échelle mondiale, soit un écart de 22 points en faveur de l’Algérie. Un fossé considérable qui positionne les patrons algériens parmi les plus confiants de la planète.
Cette dynamique se retrouve également dans la perception qu’ont ces dirigeants de leurs propres entreprises. Ils sont 90 % à se déclarer très confiants dans les perspectives de croissance de leur société pour les douze mois à venir, contre 87 % lors de l’édition précédente en 2024. Une progression de 3 points qui témoigne d’une confiance non seulement élevée, mais en progression, dans un contexte international pourtant agité.
Cette vision optimiste ne s’accompagne pas pour autant d’une négligence des risques. La lecture des menaces par les dirigeants algériens révèle une certaine maturité dans l’analyse : 55 % d’entre eux citent l’inflation comme un risque important, une proportion en net recul par rapport à il y a deux ans où elle atteignait 68 %. Cette évolution suggère que les pressions inflationnistes sont perçues comme moins menaçantes qu’auparavant, ce qui pourrait refléter une stabilisation relative des prix à l’échelle locale. Par ailleurs, 39 % des répondants identifient les conflits géopolitiques comme un risque significatif pour leurs activités.
Impact pour les lecteurs français et maghrébins
Pour les observateurs économiques en France et dans les pays du Maghreb, ces résultats méritent d’être mis en perspective. L’Algérie, portée par ses exportations d’hydrocarbures et une politique de diversification économique en cours, semble offrir un environnement que ses chefs d’entreprises jugent porteur. Pour les entreprises françaises ou tunisiennes ayant des partenariats ou des intérêts en Algérie, ce signal d’optimisme peut constituer un indicateur utile du climat des affaires sur place.
Plus largement, ce type d’enquête illustre comment la perception du risque et de la croissance peut diverger fortement selon les zones géographiques, invitant les acteurs économiques de la région à affiner leur lecture des marchés locaux plutôt que de se fier uniquement aux tendances mondiales.
Ce qu’il faut retenir
- 83 % des dirigeants algériens anticipent une croissance économique dans les 12 prochains mois, contre 61 % en moyenne mondiale, soit un écart de 22 points.
- 90 % des patrons interrogés sont très confiants dans la croissance de leur propre entreprise, en hausse de 3 points par rapport à 2024.
- Le panel algérien est composé de profils solides : 29 % dépassent 100 millions de dollars de chiffre d’affaires et 58 % emploient plus de 500 personnes.
- La perception de l’inflation comme menace recule significativement, passant de 68 % il y a deux ans à 55 % aujourd’hui.
- Les tensions géopolitiques restent une préoccupation pour 39 % des répondants, un niveau modéré au regard de la situation internationale.
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