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Bitcoin : quand plus de 50 % des détenteurs sont en perte, faut-il y voir un signal d’opportunité ?

Par Jean Claude Convenant 4 min de lecture

Le marché des cryptomonnaies traverse une phase volatile. Depuis son pic approchant les 82 000 dollars, le Bitcoin a reculé de 28 %, s’établissant sous les 60 000 dollars. Cette correction a créé une situation statistique remarquable : plus de la moitié des bitcoins actuellement en circulation s’échangent désormais à un prix inférieur à celui auquel ils ont été acquis. Un phénomène que les analystes observent attentivement, car l’histoire suggère qu’il coïncide souvent avec des tournants majeurs du cycle économique des actifs numériques.

Le contexte d’une correction brutale

En l’espace de quelques semaines, la proportion de bitcoins détenus à perte a bondi de 30 % à plus de 50 %. Cette progression rapide reflète l’ampleur de la décorrélation récente. Selon les données circulantes, plus de 10 millions de BTC ont changé de mains à des tarifs supérieurs aux niveaux actuels, ce qui signifie que leurs propriétaires actuels enregistrent des moins-values comptables.

Techniquement parlant, cela résulte d’une dynamique simple : lorsqu’un marché baisse, davantage de positions entrent dans le rouge. Cependant, le franchissement du seuil des 50 % revêt une portée particulière dans l’analyse des cycles de marché. Il matérialise un point d’inflexion où les vendeurs restants ayant réalisé des gains deviennent progressivement rares.

L’analyse des cycles historiques

Les chercheurs en finance décentralisée pointent une observation récurrente : lors des précédentes phases de marché baissier, ce seuil des 50 % de détenteurs en perte n’a été atteint qu’à proximité des plus bas importants du cycle. Cette corrélation n’est pas anodine pour les observateurs du secteur.

Selon les analyses disponibles, un plafond naturel oscillant entre 50 et 56 % de l’offre en perte s’est régulièrement formé aux creux historiques. Cette stagnation s’explique par une réalité structurelle : une fraction substantielle des bitcoins anciens, appelés « dormants » ou perdus, ne circule plus sur les marchés. Ces actifs ne réagissent pas aux prix actuels, ce qui crée un plancher invisible à la baisse du ratio de perte.

Par ailleurs, une proportion significative des possédants anciens maintiennent leurs positions indépendamment des fluctuations de prix, soit par conviction idéologique, soit par stratégie de long terme. Ce phénomène d’immobilité progressive du stock contracte mécaniquement l’offre négociable et limite la capacité du ratio à progresser au-delà d’une certaine limite.

Implications pour les marchés français et maghrébins

Pour les investisseurs francophones, ces signaux méritent attention sans constituer une certitude. En France, où la fiscalité des cryptomonnaies s’est progressivement structurée, les périodes de correction soulèvent des questions légales et patrimoniales. Les moins-values enregistrées durant ces phases peuvent présenter des intérêts fiscaux distincts selon le statut du détenteur (particulier ou professionnel).

Au Maghreb, où l’adoption des actifs numériques progresse malgré un cadre réglementaire plus flou, ces cycles affectent des populations pour lesquelles le Bitcoin représente souvent une protection contre l’inflation ou un vecteur d’épargne alternatif. Les corrections amples créent à la fois de la volatilité et, potentiellement, des niveaux d’entrée jugés intéressants par certains observateurs à long terme.

L’enjeu central demeure la volatilité persistante : une nouvelle baisse significative pourrait précéder le rebond, une possibilité que l’histoire des marchés baissiers suggère, même si aucune trajectoire n’est garantie.

Points clés à retenir

  • Le ratio de 50 % de détenteurs en perte a rarement été dépassé lors des cycles précédents
  • Historiquement, ce seuil s’est formé à proximité de creux importants, mais pas systématiquement dans l’immédiat
  • Une fraction croissante de l’offre Bitcoin demeure inactive, créant un plafond structurel aux ratios de perte
  • Les cycles passés suggèrent que des baisses supplémentaires ont souvent précédé les retournements majeurs
  • Les implications fiscales et patrimoniales varient considérablement selon les juridictions (France, Maroc, Tunisie, etc.)
  • Aucun indicateur ne constitue une prédiction certaine ; l’analyse doit s’inscrire dans une vision d’ensemble du marché
Jean Claude Convenant