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HSBC poursuivie pour blanchiment : 330 millions de dollars détournés de la banque centrale libanaise

Par Jean Claude Convenant 3 min de lecture

La branche suisse de HSBC fait face à l’une des plus importantes enquêtes de blanchiment d’argent en Europe. Les autorités françaises ont confirmé l’ouverture de poursuites préliminaires contre HSBC Private Bank Suisse, soupçonnée d’avoir facilité le détournement de fonds publics provenant de la Banque du Liban. Au cœur du dossier : 330 millions de dollars qui auraient transité entre 2002 et 2015 via des circuits opaques impliquant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh. Cette affaire met en lumière les failles dans le contrôle du blanchiment de capitaux au sein des institutions bancaires de prestige.

Un schéma d’une grande complexité

Selon les enquêteurs, le mécanisme du détournement repose sur un ingénieux système de circulation d’argent. Entre 2002 et 2015, des fonds provenant de la Banque du Liban auraient été acheminés vers Forry Associates, une entité commerciale enregistrée aux Îles Vierges britanniques. Cette structure aurait été placée sous le contrôle de Raja Salameh, le frère de l’ancien gouverneur de la banque centrale.

À partir de 2009, un flux régulier de transferts a été documenté : 174 virements totalisant 204 millions de dollars auraient transité du compte de Forry Associates vers un compte HSBC personnel détenu par Raja Salameh, avant d’être à nouveau redirigés vers le Liban. Sur le papier, Forry Associates était présentée comme une société de courtage rémunérée pour ses services auprès de la banque centrale. Cependant, les enquêteurs n’ont trouvé aucune trace d’activité réelle : ni employés, ni clients vérifiables, ni opérations commerciales légitimes au-delà de la réception des fonds publics.

Riad Salameh a toujours catégoriquement démenti posséder un quelconque lien avec Forry Associates ou avoir bénéficié de ces transferts. Cette dénégation contraste fortement avec les éléments de preuve accumulés par les autorités.

Implications pour les marchés financiers français et maghrébins

Cette enquête revêt une importance particulière pour les institutions financières opérant en France et au Maghreb. Elle soulève des questions fondamentales sur la capacité des grandes banques à identifier et signaler les mouvements de capitaux suspects. Pour les pays du Maghreb, notamment le Liban et ses économies régionales, cette affaire illustre comment les failles dans la surveillance internationale peuvent faciliter l’évasion de ressources nationales critiques.

Pour les investisseurs français et maghrébins, ce dossier rappelle l’importance de la due diligence dans les relations bancaires internationales. Les institutions financières de la région doivent renforcer leurs protocoles de contrôle des flux entrants et sortants pour éviter de devenir des complices involontaires dans des schémas de détournement.

Points clés à retenir

  • Le parquet français a engagé des poursuites préliminaires contre HSBC Private Bank Suisse pour blanchiment présumé de capitaux
  • Un total de 330 millions de dollars aurait quitté la Banque du Liban entre 2002 et 2015 via une structure opaque
  • Forry Associates, société écran basée aux Îles Vierges, aurait servi de relais pour le détournement de fonds publics
  • 204 millions de dollars ont été tracés en virements successifs vers des comptes personnels entre 2009 et 2016
  • Forry Associates présentait tous les signes d’une structure fictive sans activité commerciale vérifiable
  • L’ancien gouverneur Riad Salameh nie tout lien avec ces transferts et cette structure
  • Un juge décidera ultérieurement du renvoi en procès ou du classement de l’affaire
  • Cette enquête révèle les lacunes persistantes dans la surveillance du blanchiment de capitaux au sein des grandes institutions bancaires internationales
Jean Claude Convenant