Aller au contenu
Actu
Memecoin TRUMP : la fête a coûté 3,8 milliards aux petits porteurs, 636 millions au clan présidentielCoupe du Monde 2026 : comment un tournoi de foot a gonflé les marchés prédictifs à 45 milliards de dollarsFarage, Tether et le « Britcoin » : les liaisons dangereuses qui secouent WestminsterSolana ouvre le vote aux détenteurs de SOL : ce qui change vraiment sur le réseauMiCA a fait le ménage chez les plateformes crypto : voici ce que ça change vraiment pour vousMemecoin TRUMP : la fête a coûté 3,8 milliards aux petits porteurs, 636 millions au clan présidentielCoupe du Monde 2026 : comment un tournoi de foot a gonflé les marchés prédictifs à 45 milliards de dollarsFarage, Tether et le « Britcoin » : les liaisons dangereuses qui secouent WestminsterSolana ouvre le vote aux détenteurs de SOL : ce qui change vraiment sur le réseauMiCA a fait le ménage chez les plateformes crypto : voici ce que ça change vraiment pour vous
Marché Maghreb

Riyad Mahrez tire sa révérence : 12 ans, une CAN et un vide impossible à combler chez les Verts

Par Jean Claude Convenant 5 min de lecture

« C’était mon dernier match, les gars. » Cinq mots, lâchés dans le vestiaire de Vancouver, un vendredi soir de juillet. Riyad Mahrez venait de disputer sa dernière partie sous le maillot vert. Score final : Algérie 0, Suisse 2. Sortie des seizièmes de finale du Mondial 2026. Et fin d’un chapitre entier du football algérien.

On savait la nouvelle dans l’air. Depuis des mois, le doute planait autour de l’avenir international de l’ancien ailier de Manchester City, aujourd’hui âgé de 35 ans. Mais entendre les mots, c’est autre chose. Devant ses coéquipiers, la voix chargée, le capitaine a officialisé ce que beaucoup redoutaient : après douze ans passés chez les Verts, il raccroche avec la sélection.

Douze ans, et un discours qui dit tout

« Je suis fier d’avoir fait ces 12 ans ici avec d’autres générations, avec vous maintenant », a-t-il confié à ses partenaires, selon les propos rapportés par TSA Algérie. « J’ai fait ce que j’avais à faire, Dieu merci. Il y a eu de bonnes choses, de moins bonnes. Le plus important, moi, je pars la tête haute. »

La fédération algérienne a immédiatement relayé la scène sur ses réseaux, saluant « tout ce qu’il a apporté au maillot national ». Deux étoiles, un cœur vert, et cette formule devenue rituelle : #123VivaLAlgérie. Le protocole des adieux, en somme. Sauf que derrière les emojis, il y a une réalité difficile à digérer pour des millions de supporters, d’Alger à Marseille en passant par Bruxelles : le meilleur joueur algérien de sa génération vient de refermer la porte.

Mahrez lui-même n’a pas caché sa déception de « terminer sur une défaite ». C’est le lot des grandes carrières, souvent : elles ne se closent presque jamais sur le scénario rêvé. Zidane a fini sur un carton rouge en finale du Mondial 2006. Maradona, sur un contrôle antidopage. Les héros ne choisissent pas toujours leur dernier acte.

Ce qu’il laisse derrière lui

Réduire Mahrez à cette élimination serait une injustice. Cet homme a offert à l’Algérie ce qu’elle attendait depuis des décennies. Rappelons la scène : février 2019, finale de la Coupe d’Afrique des Nations au Caire. L’Algérie soulève le trophée pour la deuxième fois de son histoire, la première depuis 1990. Mahrez en est l’un des grands artisans, auteur notamment de ce coup franc légendaire à la 95e minute contre le Nigeria en demi-finale. Un geste que les amoureux du foot maghrébin se repassent encore en boucle.

Il y a aussi le Ballon d’or africain, les titres avec Leicester en 2016 — cette épopée hors du commun dans un championnat anglais où personne ne l’attendait — puis les trophées à la pelle avec Manchester City, dont la Ligue des champions. Un palmarès qui parle de lui-même. Peu de footballeurs issus de l’immigration franco-algérienne ont autant fait pour la fierté d’un pays.

Car c’est bien là que se joue la portée symbolique de ce départ. Mahrez, né à Sarcelles, a grandi dans les Yvelines avant de choisir de porter les couleurs de ses origines. Pour toute une jeunesse binationale, il incarnait une réussite double : celle du gamin de banlieue devenu star mondiale, et celle de l’enfant qui n’a jamais renié d’où venaient ses parents. Ce genre de récit ne se remplace pas d’une saison à l’autre.

L’Algérie face au vide

Reste maintenant la question qui fâche : et après ? La sélection algérienne perd son capitaine, son leader technique, celui vers qui les ballons chauds finissaient toujours par revenir dans les grands moments. Ces départs-là ne se comblent pas par décret. Ils laissent un trou dans le jeu, mais aussi dans le vestiaire.

L’élimination du Mondial a d’ailleurs déjà relancé les débats sur le sélectionneur et sur l’orientation de l’équipe. Faut-il un seul coupable ? Rarement. Le football se joue à onze, et une génération entière arrive en fin de cycle en même temps que Mahrez. C’est le moment où les fédérations se réinventent — ou s’enlisent. L’Algérie a des talents, des jeunes prometteurs formés en Europe comme au pays. Mais construire une identité de jeu autour d’un nouveau leader prendra du temps. Peut-être plusieurs campagnes.

Il faut le dire clairement : les grandes équipes se mesurent aussi à leur capacité à survivre au départ de leurs légendes. L’Argentine a mis des années à digérer l’après-Maradona avant de retrouver son sommet avec Messi. Le Portugal cherche encore son après-Ronaldo. L’Algérie entre à son tour dans cette zone d’incertitude.

Alors oui, on peut être triste. Mais on peut aussi être reconnaissant. Pendant douze ans, un homme a fait rêver un pays et sa diaspora, du Sahara aux banlieues européennes. Il part la tête haute, comme il l’a promis. Et c’est peut-être la plus belle façon de partir : en laissant les gens un peu orphelins, mais pleins de souvenirs.

Jean Claude Convenant