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Marché Maghreb

Yasmina Khadra défend l’Algérie face aux critiques d’un politicien français au salon du livre

Par Jean Claude Convenant 4 min de lecture

L’écrivain algérien Yasmina Khadra a profité d’une rencontre fortuite au salon du livre de Montaigu (France), tenu du 8 au 10 mai, pour défendre publiquement son pays face aux critiques répétées d’un ancien ministre français. Revenant sur cet incident lors d’une interview accordée au journaliste Khaled Drareni, l’auteur à succès a détaillé les circonstances de ce face-à-face musclé qui a marqué le festival littéraire.

Un salon du livre perturbé par la politique

Selon le romancier des Vertueux, le président du parti Les Républicains s’est présenté au Printemps du livre accompagné de sympathisants dans une visée clairement perturbatrice. La présence de ce groupe a créé une tension immédiate. Lorsque Yasmina Khadra a exprimé son indignation face à ce qu’il qualifie de comportement « raciste », le directeur du salon est intervenu pour tenter de calmer la situation. C’est à ce moment précis que le politicien a croisé l’écrivain, qui n’a pas hésité à l’interpeller directement.

Un réquisitoire sans détours contre une vision politique

Yasmina Khadra ne s’est pas retenu. « Je l’ai esquinté sur place, pour l’Algérie, vraiment je l’ai esquinté », confie-t-il en studio. L’écrivain a exposé au ministre sa vision des dérives politiques qu’il incarne : « Je lui ai dit : maintenant, vous parlez de l’immigration clandestine, demain vous allez parler des immigrés et après-demain des binationaux et ainsi de suite. Vous n’avez aucun projet de société », rapporte-t-il les termes exacts de son intervention.

Pour Khadra, ces politiciens relèvent davantage de la charlatanerie que d’une véritable démarche gouvernementale. Il les accuse de capitaliser sur la frustration populaire pour construire des carrières personnelles, au détriment des intérêts collectifs. « Ces gens-là ne peuvent qu’apporter le malheur à la France », affirme-t-il avec conviction.

Clarifier les relations franco-algériennes

Un des points centraux du message de Yasmina Khadra a porté sur l’état réel des relations bilatérales. L’écrivain a tenu à rectifier le narratif partisan : « Quel est le problème de l’Algérie avec la France ? Il n’y en a aucun », a-t-il déclaré face au politicien. Selon lui, les tensions artificielles sont créées de toutes pièces par des « diseurs de mauvaise aventure » qui inventent des conflits inexistants pour servir leurs agendas politiques.

Cette position reflète une préoccupation légitime : l’utilisation des relations internationales et des questions migratoires comme outils électoralistes, sans considération pour les peuples concernés ni pour la réalité des liens historiques et culturels entre les nations.

Une métaphore tranchante pour conclure

Yasmina Khadra termine son récit par une formule poétique et critique. Il estime que « le peuple français doit remettre ces chats-huants à leur place ». En utilisant cette image du rapace nocturne, l’écrivain symbolise ces politiciens qu’il juge opportunistes et nuisibles, appartenant à l’obscurité plutôt qu’à la clarté du débat public. « La place d’un chat-huant, c’est la nuit, quelque part sur une branche, isolé au cœur même de la forêt », précise-t-il, suggérant que ces voix doivent être marginalisées et écartées du pouvoir.

Points clés à retenir

  • Yasmina Khadra a interpellé directement un politicien français au Printemps du livre de Montaigu
  • L’écrivain dénonce une approche politique fondée sur l’opportunisme et l’exploitation de frustrations citoyennes
  • Il affirme l’absence réelle de conflits entre l’Algérie et la France, contestant le narratif de tensions artificielles
  • L’incident illustre comment les questions migratoires et identitaires sont instrumentalisées à des fins électorales
  • Khadra appelle les citoyens français à rejeter les discours polarisants au profit d’une vision constructive de la société
Jean Claude Convenant